Kan-geiko et Shochu-geiko

Les périodes d’entrainements exceptionnelles

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Le Kan-Geiko fait partie d’une période d’entrainement mise en place par Jigorō Kanō. Avec le shochu-geiko, ils forment deux temps de pratiques exceptionnelles du judo et représente le cycle semestriel dans la symbolique des cycles mise en place par Kanō pour rythmer la vie du dōjō.

Kan-geiko - 寒稽古 - « entrainement dans le froid » a été mis en place dés 1884. C’est une période d’entrainement durant laquelle les judokas s’entrainaient très tôt le matin (de 5h30 à 7h30) pendant 30 jours avec les portes et fenêtres grandes ouvertes. Cette période demandait aux judokas de faire un effort car elle se déroulait du 6 janvier au 4 février soit la période la plus froide de l’année. Ainsi les conditions d’entrainement - dans un froid extrême - sont très difficiles. Elle commençait donc avant le Kagami biraki1 pour se poursuivre un peu aprés. Cela permettait symboliquement de marquer la continuité dans la pratique malgré la rupture puis la renaissance de quelque chose (la fin d’une année et début d’une nouvelle).
Aujourd’hui, les judokas s’entrainent durant 10 jours de 5h30 à 7h30 (du 6 janvier au 15 janvier).

Shochu-geiko - 暑中稽古 -  « entrainement dans la chaleur » n’arrivera que 13 ans plus tard en juillet 1897. D’une période de 30 jours elle aussi, elle permet aux judokas de s’entrainer aux heures les plus chaudes de l’année et de la journée. Les entrainements avaient lieu à partir du 15 juillet de 13 heures à 15 heures. Etant donné les horaires, cette période s’adressée surtout aux écoliers et universitaires.
Le climat au Japon à cette période est chaud et humide, ce qui rend les entrainements également difficile.
Aujourd’hui, la période ne dure plus que 10 jours (du 13 au 22 juillet).


Pour Jigorō Kanō, ces entrainements n’était pas seulement organisé pour faire souffrir les judokas. Ils ont étaient mis en place pour mettre leur force mental à l’épreuve. Pour résumé, c’est une mise en scène d’une situation qui demande plusieurs qualités dont la persévérance ainsi que des efforts représentants des attitudes qui, pour Jigorō Kanō, permettront à l’Homme de mieux se connaître et d’être utile à la société. Ils représentent ainsi la constance et la continuité dans l’effort.

 

1. Littéralement « ouverture du miroir ». Célébration du retour de la lumière, célébré le 11 Janvier.
Traditionnellement, on brise le couvercle d’un tonneau de saké (komodaru) afin de le déguster lors d’une cérémonie shinto.
Lors de cette cérémonie, les participants échangent des mochi (餅) signifiant « gâteau » – préparation à base de riz gluants -  en forme de miroir. Appelés kagami mochi (鏡餅), ils représentent le miroir dans lequel ils doivent se regarder pour faire un point sur l’année écoulée. Il est fêté deuxième dimanche de Janvier au
Kōdōkan depuis 1884 et marque la fin de l’année d’entrainement.

 

Bibliographie:
CADOT, Yves. Promenades en Judo. Métatext, 2015. 417p.

HABERSETZER, Gabrielle et Robert. Nouvelle Encyclopédie des Arts Martiaux de l’Extrême-Orient. Amphora, 2004. 883p.

Site internet:
Article Kagami Biraki In Wikipédia en français, [en ligne]. <http://fr.wikipedia.org/wiki/Kagami_biraki>, consulté le 29 Novembre 2017.

Article Moshi In Wikipédia en français, [en ligne]. <http://fr.wikipedia.org/wiki/Mochi>, consulté le 29 Novembre 2017.

 

Date de dernière mise à jour : 05/06/2018

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