Geiko, Komi et Renshu

Apprendre le judo c’est apprendre à faire tomber, c’est vrai et faux. Faire tomber, projetter,  n’est la conséquence -même si on s’en rend pas compte- que d’un placement, d’un équilibre de soi (et d’un déséquilibre de uke) et d’une posture parfaite dans une situation qui varie constament.

Pour apprendre ses bases, des exercices existent. En france on les appellent H.T.F (Habiletés Techniques Fondamentales). On peut citer taï sabaki (rotation du corps), tsugi-ashi (pas chassés), ayumi-ashi (déplacement en croisant les pieds), ukemi (brise chutes).
Elles peuvent être travailler seul - appelé Tandoku renshu (単独 練習) littéralement « exercice seul » - ou par deux - Sotai renshu (相対 練習) traduire « exercice à deux » - et représentent le ciment de la pratique d’un judoka. Avant de pouvoir projeter quelqu’un, il faut avant tout maîtriser ses bases.

Aprés la maitrise de ses exercices, il y a les exercices appelé conventionelles qui permettent d’arriver progressivement à pratiquer correctement le randori.

On peut les classé en deux familles. Les Komi et les Geiko.

 

Komi (込み)

Komi signifie "entrer ou faire entrer" mais aussi "penetrer les choses dans leurs plus fines subtilités" (Yves Cadot, promenades en judo).
    On trouve en premier lieu Uchi-komi (打ち込み), Uchi (打ち) signifie « frapper perpendiculairement » - à ne pas confrondre avec Uchi (内) qui signifie « intérieur » - donc on peut comprendre cela comme faire rentrer en frappant succesivement. Plus simplement, c’est la répétition d’un geste encore et encore jusqu’a ce que le corps intègre le geste, le placement juste - cela passe aussi par l’adaption du geste à sa forme de corps - tout en respectant toutes les phases de la réussite d’une technique à savoir kuzushi, tsukuri et gake. Le role de uke est primordiale car il se rend disponible pour permettre à tori de travailler.
 

 

Uchi komi était aussi appelé Butsukari renshu  (butsukaru signifie « percuter, se heurter contre »).
Il y a différentes manière faire Uchi komi.
Kogo Uchi-Komi : Uchi-komi en alternatif . Une fois Tori, une fois Uke.
San-nin-Uchi-Komi : Uchi-komi réalisé à trois : Un troisième partenaire retient Uke. Permet de travailler sur la puissance musculaire
Ido-Uchi-Komi : Uchi-komi en déplacement linéaire.

Nage-komi (投 込み), est un exercice quasi similaire qu’Uchi-komi mais avec un aboutissement plus poussé car l’on va jusqu’a la projection (nage signifie « projection »).

Il faut donc maîtriser les gestes de bout en bout pour arriver à la techniques juste. Nage-komi est donc un exercice qui demande plus de maîtrise et permet donc d’acquérir petit à petit le bon placement. Cela permet aussi de travail le kumi-kata avant de projetter uke. Quant à uke, cela lui permet de travailler aussi son attitude de travail ainsi que ses projections.

Uchi komi et Nage-komi permettent de travailler le placement technique avec un partenaire qui n’oppose pas de résistance au contraire qui accepte de chuter.

 

Geiko (稽古)

Keiko signifie «exercer ce que l’on a appris » mais « étymologiquement, keiko signifie : réfléchir aux choses primordiales pour en comprendre la raison et le bon sens par comparaison et l’expérience (kei (稽) - pour comprendre, comparer et réfléchir, réfléchir et éprouver; ko (古) - ce qui est primordial). » CADOT, Yves. Promenades en Judo. Métatext, 2015, p. 125-126.
On peut définir les geiko comme des mises en situations amenant de manière douce vers le randoris.
On trouve deux principales situation pédagogiques qui sont le kakari geiko (懸かり稽古) et le yaku-soku-geiko (投の約束稽古)

Yaku-soku geiko (投の約束稽古)
Yaku-soku geiko peut être traduit par «promesse» ou encore «accord préalable». C’est un exercice où il n’y a ni tori ni uke, les partenaire passent de l’un à l’autre au gré des opportunités dans une posture relachée et ouverte.

Les deux protagonistes n’opposent pas de résistance si l’attaque est réussie, et la défense n’est pas l’objectif premier. Des consignes peuvent parfois être données. L’objectif est de travailler en mobilité et souplesse. On compare le yaku soku geiko à un «randori souple».

Kakari geiko (懸かり稽古)
Kakari (懸かり) - ce qui part d’un point et se diffuse pour recouvrir ce qui l’entoure- est traduit souvent par thème. C’est un exercice avec un tori et un uke désigné où une consigne est donné - une différente à tori et uke - laquelle doit être respectés afin d’améliorer un point spécifique (exemple: attaques que sur les gari pour tori et uke doit esquiver ou bloquer ses attaques). Uke a très souvent un rôle défensif.

 

C’est un peu similaire au Yaku soku geiko mais avec une défenses plus dure, Uke doit resister pour ne pas tomber. L’objectif est de tout faire pour ne pas tomber tout en laissant la liberté totale de tori à attaquer. Cela passe par une bonne attitude, posture droite et mobile.
A savoir que les termes citées ci-dessus n’ont pas été choisi par Jigorō Kanō. En effet, il a expliqué le processus et la mecanique de sa méthode Judo, en a révélé les secret et fourni des outils (comme le kata ou le randori) mais ne sait pas attardé sur la logique et méthode d’entrainement. Donc ces procédés sont apparus plus tard avec la pratique d’où l’abscence de ces appelations dans ses écrits.

 

Kata (形)

Traduit littéralement par «forme», il est un des quatres pilliers de la méthode de Kanō - à savoir Kata, randori, kogi et mondo. On peut proposer comme traduction «exercice contraint».
L’exercice kata est un ensemble de gestes codifiées mettant en avant des principes (ju) appliqués du judo - kuzushi (destruction), tsukuri (construction), kake (placement)- à travers une suite de techniques.

 

Jigorō Kanō l’expliquait en ses mots : « Le kata, mot qui signifie littéralement «forme» est un système formel d’exercices combinés d’avance, y compris les actes de frapper, de trancher, de donner des coups de pied, de percer, etc
 

Le kata est la méthode permettant l’acquisition des connaissances, la référence, en apparence rigide, à laquelle on s’appuie en imitant (shu) pour en comprendre le sens (ha) et s’en défaire en le réinterprétant (ri).

Randori (乱取)

Le terme randori que l’on peut comprendre comme "expression libre" et indisociable du kata. Ils forment à eux deux la clé de voute «pratique» du judo. A l’inverse des kata, où le cadre de pratique est rigide, le randori permet une application plus personelle des techniques sans la contrainte d‘un rôle d’uke et de tori.


 

 

« Il (le randori) comprend les actes de projeter, d’étrangler, de maintenir l’adversaire au sol, de plier ou tordre ses bras ... qu’ils n’appliquent pas de techniques dangeureuses et qu’ils respectent les régles du Judo en matière d’étiquette.»  Jigorō Kanō, Judo (jujitsu), Maruzen Compagny Limited, Tokyo, 1937.

Tate
Appelé aussi Kake jiai, c’est un randori où les adversaires d’un même combattant  se relaient pour le combattre.

En bref...

Tandoku-renshu: Exercices seul

Sotai-renshu: Exercices à deux

Uchi-komi: répétition de techniques en appliquant le principe (kuzushi, tsukuri, gake) et le bon placement en s’arrêtant avant la projection.

Nage-komi: répétition de techniques en appliquant le principe (kuzushi, tsukuri, gake) et le bon placement en allant jusqu’a la projection.

 

Yaku-soku-geiko: Exercice effectuées en déplacement sans rôle précis et sans résistance.

Kakari-geiko: Exercice effectuées en déplacement avec un thème précis

Randori: Exercice libre en déplacement, orienté vers l’attaque pour projetter.

Kata : Formes codifiées de projection démontrant les principes du Judo.

Bibliographie

CADOT, Yves. Promenades en Judo. Métatext, 2015. 417p.

HERNANDEZ, Jean-François. Judo (Jujutsu), Méthode et pédagogie. Fabert, 2008. 115p. pédagogues du monde entier.

MAZAC Michel, Jigoro Kano, Père du Judo, Budo Editions, 2006, 315p.

Date de dernière mise à jour : 05/06/2018

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